Cinéma

Vendredi 17 février 2006

Je sais pourtant pertinemment qu'un tel casting cache souvent un scénario poussif.
Je me souviens,encore et notamment, de "Les acteurs" de Blier...
Et pourtant, je suis allée voir "Fauteuils d'orchestre".

Y'a du beau monde mais Dupontel en pianiste virtuose dépressif est peu crédible, Claude Brasseur ennuie, Cécile de France frôle le ridicule, Dany en vieille groupie nostalgique c'est juste pas possible comme dirait le jeunss.
Faut dire que les dialogues sont cousus de phrases toutes faites mises bout à bout comme récitées car injouables, le scénario est sans enjeu et bourré d'invraisemblances. Les lieux communs se suivent de près durant 1h46.

Deux actrices ont sauvé ma soirée. Suzanne Flon parce qu'elle est, là encore, cette douce et émouvante vieille dame que nous avons toujours aimé. Valérie Lemercier qui est ici irrésistible. Elle peut se vanter d'avoir été particulièrement bien servi avec ce personnage et ses dialogues. A croire qu'elle a écrit elle-même sa partition.

Bref, attendez la sortie DVD. Une location suffira.
Ce film ne vaut pas les 9,5 euros que j'ai payé.

Je vous signale au passage que je milite contre le cinéma trop cher et pour le retour des ouvreuses (avec lampe de poche - l'ouvreuse sans lampe de poche n'étant d'aucune utilité).
Y'en a marre de se ruiner pour se casser la gueule dans les escaliers d'une salle plongée dans le noir.

Par zabouille
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Dimanche 26 février 2006
Décidement, ces remises de prix et récompenses ont vraiment de moins en moins de sens.
Est-ce bien raisonnable de remettre encore des Césars à Michel Bouquet ?
A quoi peut-il bien lui servir ? Ces dames et Messieurs les votant pensent-ils vraiment que Michel Bouquet a encore besoin qu'on lui prouve l'admiration qu'on lui porte ? A-t-il besoin d'être rassuré sur son talent ?
Je l'imagine bien embarrassé face aux jeunes acteurs nommés à ses côtés.
Romain Duris, par exemple, magnifique dans le Audiard aurait sans nul doute fait bon usage d'une telle récompense.

Tout cela est bien dommage et de plus en plus ridicule.

Par zabouille
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Vendredi 3 mars 2006
L'ivresse du pouvoir...
Comment dire ? J'ai quelques difficultés à faire le lien entre la campagne de communication et le film. J'ai le sentiment que ce filou de Chabrol s'est bien servi des journalistes qui sont tombés dans son piège à deux pieds. En gros, "vous les journalistes qui connaissez l'histoire Elf sur le bout des doigts et en plus les petites infos qui circulent sous le manteau mais qui ne sont surtout pas rendu publiques, je vais faire un film sur une juge d'instruction et je vais saupoudrer de quelques détails rappelant l'histoire Elf. Et vous, vous allez vous engouffrer sur cette piste et la développer, votre imagination et vos fantasmes faisant le reste."
C'est un coup de comm. formidable.

Qui a t-il de l'affaire Elf dans ce film ? Berléant barbe blanche et démangeaison pour évoquer Le Floch Prigent, sa maitresse brune (que l'on ne voit qu'en photo) pour évoquer Christine Deviers-Joncourt mais qui chez Elf était celle de Roland Dumas interprété par Roger ... Dumas dont on ne connait pas vraiment les fonctions dans le film où il apparaît 2 fois 30 secondes. Un autre homme influent (député du Nord) avec l'accent marseillais pour évoquer Charles Pasqua et une juge d'instruction se nommant Charmant-Killman pour Eva Joly et une autre juge jeune brune cheveux courts pour Laurence Vichnievsky...
Pour le fond de l'histoire les tenants et aboutissants ? Rien, nada. "Le Floch Prigent" dépensait beaucoup avec la carte bancaire de l'entreprise notamment pour gâter sa maitresse, les hommes influents sont très embétés par cette juge d'instruction qui fourre son nez partout. Pourquoi ? On suppose qu'ils ont été arrosé aussi. On suppose tout le long.
En fait, ce film c'est une tranche de vie d'une juge d'instruction qui travaille sur un gros dossier (parce que grosse entreprise, grosses sommes d'argent, et hommes d'Etat). C'est difficile juge d'instruction, y'a des interrogatoires où on lui explique que ces pratiques sont "monnaie courante", on lui met des batons dans les roues, on piège sa voiture, on lui retire l'affaire...
Finalement tout cela est bien vide. C'est un film emplis de numéro d'acteurs. Isabelle Huppert et Berléant très bons, Balmer fait une apparition sympa aussi, Renucci en homme fatigué est vraiment trop fatigué... Surprise du film : Bruel est spectaculairement mauvais.
Ce n'est vraiment pas le meilleur film de Chabrol, mais c'est sans nul doute son meilleur canular.


Par zabouille
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Samedi 25 mars 2006
Pierre-François Martin Laval se met à la réalisation.
Pierre François Martin Laval c’est le Pef des robins et le pffffffffffffffffff de ce film …
Pfffffffffffffffffff, parce qu’il est le scénariste, réalisateur et interprète principal de ce navet.

Le pitch comme dirait Thierry :
Un petit garçon amoureux extirpe de la petite fille de ses rêves une promesse : elle l’épousera le jour où il sera allé dans les étoiles. 24 ans plus tard, cosmonaute de retour de l’espace, il frappe à la porte pour obtenir son dû, la « fiancée » n’est pas du tout d’accord. Il lui propose 24 heures d'essai.

Idée de départ rigolote mais comme trop souvent, développement sans originalité, ni légèreté. Comment Pfffffffffff séduit Julie Depardieu ? En cassant tout ce qu’il touche et en saccageant sa maison et sa voiture (première partie) et (deuxième partie) en obtenant la complicité d’un enfant qui les accompagnera au zoo d’où ils reviendront avec un pingouin (l’effet Marche de l’empereur fonctionne ici aussi : c’est la touche drôle du film).

On aurait pu espérer un peu de poésie et de créativité à l’image du Guido de Roberto Benigni dans  la Vie est Belle. Las ! Ici, tout est lourd : dialogues, gags, musique romantique, et le jeu de PEF… Son personnage c’est le Rantanplan qu’il nous servait chez les Robins. Pendant 1h30 c’est juste insupportable, ridicule et pas drôle du tout. D'un personnage qu'on pourrait imaginer romantique et un peu lunaire (cosmonaute...), il fait un débile profond. Lourd donc.
Tout de même, deux - trois gags fonctionnent, Julie Depardieu et Isabelle Nanty rattrapent comme elles peuvent le désastre mais Pierre Richard contaminé par le gnagnannisme de Pffffffff déçoit.

 Donc, je me suis ennuyée et même un peu agaçouillée. Mais pour info, ça riait quand même pas mal dans la salle. Je crois bien d’ailleurs que c’est ce qui me consterne le plus…


 


Par zab
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Dimanche 23 avril 2006
OSS 117, c'est tout d'abord un parfait hommage aux films d'espionnage du cinéma des années 50. Un mix des "James Bond" de Sean Connery et des films de Hitchcock. Et ça j'adôôôôreeeeeeeeeee.
Hazanavicius ne se contente pas d'habiller et coiffer ses comédiens comme à l'époque. Il en reprend aussi les recettes techniques : les couleurs un peu passées du technicolor, les cadrages, le générique très graphique...

OSS 117, c'est ensuite un grand détournement. Un copié-collé d'un film de l'époque dont les spécificités et les travers sont amplifiées : héros macho et toujours en quête de conquête, dialogues métaphoriques incompréhensibles entre espions, méchant forcément petit et nazi caché dans une crypte, population locale arrièrée sauvée par l'occident,...
Jean Dujardin est excellent tant dans l'hommage que dans la parodie. Il relève l'improbable défi d'interpréter tout à la fois la classe du héros séducteur et la bêtise du français colonisateur, homophobe et machiste. Il est simplement parfait dans le rôle. C'est un humour très français, pas toujours fin mais jamais grossier, drôle jusque dans les détails (soyez attentifs).

Bref, de quoi faire un excellent film si ce n'était ce scénario sans intéret, ni enjeu. Les scénaristes se sont surtout attachés au détournement et à ses gags. Malheureusement, si cela suffit dans un premier temps, le principe s'essoufle. Une intrigue digne de ce nom permettrait de garder l'intérêt du spectateur jusqu'à la fin.
Aussi, Bérénice Béjo fait bien pâle figure face à la tornade Dujardin. Elle ne fait pas du tout d'époque et n'a ni la classe, ni la distance qu'exige son personnage. On est à mille lieux des Audrey Hepburn et Grace Kelly dont elle dit s'être inspirée.

En résumé : c'est bien mais un peu décevant.
Par zab
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Dimanche 7 mai 2006
Quatre étoiles c'est dabord une bande annonce alléchante, un casting séduisant et l'espoir de voir une comédie glamour et intelligente.

Quatre étoiles c'est un film d'une heure 46 minutes avec la fraicheur espiègle d'Isabelle Carré, le charme cabot de José Garcia et la composition lunaire de François Cluzet. Tous trois excellents.
S'y ajoutent quelques bons mots (mais pas trop) et le décor glamour de la Côte d'Azur et du Carlton.
C'est aussi un scénario un peu confus avec une mise en route poussive, un rythme irrégulier, avec pas mal de longueurs et de redondances (les disputes entre Carré et Garcia  en copier-coller) et une fin un peu bébête. C'est aussi un accompagnement musical cannibalisant.

Quatre étoiles c'est finalement, un film au scénario "à retravailler", sauvé par un casting parfait (seconds rôles compris), décevant parce que pas si loin que ça de la réussite.

Par zab
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Mardi 8 août 2006
Vu enfin "La vie des autres" de Florian Henckel von Donnersmarck.
Un peu déçue par le film dont tout le monde parle depuis 6 mois.
Le scénario pêche un peu par une psychologie des personnages approximative. Leurs motivations m'a un peu échappé. Compte tenu du contexte c'est une pièce importante du puzzle qui manque.
Mais, la "Vie des Autres" est un film qui a surtout valeur de documentaire. On comprend mieux ce que pouvait être la vie en RDA avant la chute du Mur.
Ce qui justifie qu'on le voit.
Par zab
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Mardi 5 septembre 2006
Pitch : Stéphane (Gael Garcia Bernal) rêve.. Beaucoup. Plus il s'éloigne de son enfance, moins sa vie lui plait, plus elle s'éloigne de ses espérances, plus il rêve.
Et plus il rêve, et plus sa vie se mélange à ses rêves jusqu'au point où il ne distingue plus la réalité du rêve. Rêvant éveillé, vivant seul son rêve.


Michel Gondrit est un magicien. De l'image d'abord. Son film ne fait pas appel aux dernières techniques informatico-numériques. Bien au contraire, il fait appel au collage papier, cartonnage et modelage pour donner vie aux rêves de Stéphane et donner à son film un parfum bien particulier.
Michel Gondrit est magicien poéte quand il rend ainsi hommage aux séries de notre enfance. Enfance perdue, sujet central de ce film, puisque son héros n'a de cesse de vouloir faire revivre ou poursuivre cette enfance pourtant enfuie depuis longtemps et plus encore depuis la mort récente du père.
Michel Gondrit est magicien romantique quand il filme l'amour naissant et la complicité entre Stéphane et Stéphanie (Charlotte gainsbourg), la voisine amoureuse intriguée.
Michel Gondrit est magicien drôlissime quand il reproduit le petit monde de l'entreprise. Celle qui accueille Stéphane, une fabrique de calendrier, est peuplée de specimen vieille fille et vieux garçons plus vrais que nature. Alain Chabat y est juste irrestiblement drôle.
Michel Gondrit est magicien du cinéma lorsqu'il arrive à nous emmener dans son univers où le délire est roi.

Mais, Michel Gondrit gâche son joli tour en s'enlisant seul dans son délire.
Ainsi, Stéphane rêve de plus en plus, mélant songes et réalité. Il part dans sa folie, nous oubliant en route, nous perdant en chemin. Aucun, petits cailloux semés pour nous guider. Tout comme Stéphanie amoureuse malmenée, on voudrait suivre mais on ne peut pas. Et à force d'efforts, désormais vains, on préfére abandonner. Comme Stéphanie rejette Stéphane.

La "Science des rêves" sans être une absolue réussite et malgré une dernière partie ratée, n'en demeure pas moins un film essentiel. Son originalité et sa créativité sont remarquables.
Il est rassurant de voir que la créativité a encore sa place dans nos salles de cinéma.
Par zab
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Lundi 25 septembre 2006
En 2000, Olivier Adam écrivait, bien avant le presque Goncourisé "Falaise", un 1er roman troublant, de ces livres à la fois simples et marquants qui ne vous quittent jamais tout à fait.
En 2006, le même Olivier Adam co-signe le scénario de "Je vais bien, ne t'en fais pas" adaptation cinématographique de sa première oeuvre.
O drâme ! me dis-je. Combien de livres déjà transposés à l'écran ont engendré des navets!
Et comment y traduire les non-dits, souffrances et subtilités des sentiments décrits par Adam sans tomber dans l'image voyeuse, la miévrerie ou l'émotion facile ?

O miracle ! m'écriais-je à la sortie du cinéma. Car oui, Philippe Lioret ("Mademoiselle" avec Bonnaire et Dutronc, c'était déjà lui) fait honneur au livre, peut-être même un peu plus que ça encore.
Aussi, toi mon ami qui a déjà lu ce joli roman, oui toi qui connait le secret qu'il renferme, toi qui sait le désespoir et la force de Lili, la culpabilité de son père, les larmes de sa mère, oui tu te laisseras encore emporter par ce film, découvrant de nouveaux sens aux mots écrits par Adam.
Et toi qui est vierge de cette histoire, tu te laisseras aussi prendre par la vie de Lili qui nous parle,
entre émotion et rire, de l'amour filial et fraternel, du poids du secret et de l'absence.

"Je vais bien, ne t'en fais pas" c'est aussi ou tout autant ou plus encore, une sacrée découverte, le genre de celle qui nous cueille sans qu'on s'y attende. Une révélation qui se nomme Mélanie Laurent. De tous les plans ou presque, elle porte le film. Elle ne joue pas Lili, elle est Lili. S'il n'y avait qu'une raison pour aller voir ce film, ce serait elle.
Le reste du casting ne dénote pas. Kad Merad, le Kad de "Kad et Olivier" est parfait de sobriété, Isabelle Renault comme toujours très juste, quant à Julien Boisselier, il nous offre quelques beaux moments de grâce.

Toi mon ami, cours donc au cinéma ! Cours profiter de ce beau moment.
Et, toi là-bas, Toulousaine au coeur sensible, n'oublies pas ces petits carrés de papier nommés mouchoirs, ils te seront d'utiles compagnons ;o)
Et, enfin, toi César, qui a si souvent la mémoire courte, souviens-toi, quand février sera venu, de Mélanie Laurent.

*ps : message de la rédaction : il n'existe aucun lien entre cet article et celui qui le précéde... quoique le Thaïlandais aille bien et qu'il ne faut pas s'inquièter*

Par zab
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Samedi 14 octobre 2006

«Little Miss Sunshine» est un road movie, celui qui emmène Olive Hoover, 7 ans à un concours de Mini Miss en Californie. Son rêve : être reine de beauté.

Parce que pour Papa Hoover, qui s’est autoproclamé spécialiste de la réussite, on est jamais trop jeune pour prendre le chemin du succès, toute la famille prend place dans le van Volkswagen jaune direction Californie.
Dans le van, on trouve donc le père qui peine à vendre son livre « le succès en neuf étapes », le fils - physique de Gaston Lagafe et crise d’ado.- qui a fait vœu de silence jusqu’à son entrée dans l’Air Force, le grand-père râleur, cocaïnoman et coach de sa petite fille, l’oncle homo, spécialiste de Proust et suicidaire depuis qu’il a perdu son boulot et son petit ami et enfin la mère qui compose avec tout ce petit monde.
La route vers la Californie sera emplie d’embûches et riche en enseignement jusqu'à la délirante scène finale.

 

A la fois cruel, tendre et drôle, «Little Miss Sunshine» , film indépendant décalé, parle de l’Amérique éprise de réussite, d’artifices et de stéréotypes
Le film doit beaucoup à ses interprètes tous excellents et à une folie aux accents Kusturiciens et Almodovarois.

«Little Miss Sunshine» n’est sans doute pas le film du siècle mais il nous propose un bon moment de délires.

Par zab
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