Charles Berling joue et met en scène Caligula en toutes libertés s’autorisant tous les excès à l’image de son héros qui pense détenir la liberté en commettant tous les actes arbitraires de meurtre et de perversion.
Le Berling metteur en scène propose une scénographie particulièrement contemporaine faisant appel à la vidéo, à la musique électronique, et à des costumes kitchissimes tantôt disco, tantôt sado-maso. Un rideau de lamelles argentées que les acteurs traversent librement, et qui aveugle par les lumières qu’il reflète, décore les trois faces de la scène. Des miroirs renvoient à Cassius l’image du Caligula qu’il est devenu et un piano quasi à nu témoigne des jours plus calmes à jamais perdus. Les mouvements de jeu particulièrement vifs des acteurs ne se limitent pas à la scène. Parfois, les personnages sortent du ring poursuivant le jeu dans la salle comme pour fuir un instant ou mieux observer l’absurdité de ce qu’ils vivent.Cette mise en scène outrée met parfaitement en valeur l’incroyable modernité, la force mais aussi l’humour absurde d’un texte écrit par Camus en 1938.
Le Berling comédien offre un jeu particulièrement physique est impressionnant. Totalement habité, il est Caligula, son regard de fou prenant ici toute sa dimension. Sans peur du ridicule il se travestit tantôt avec jean moulant en Travolta, tantôt avec tutu en déesse Vénus. La folie, la cruauté, la logique implacable mais aussi la désespérance de Galigula est parfaitement rendue. On ne sait que penser de ce dictateur fou qui nous inspire dégoût et révolte. Et que dire, de la lâcheté du troupeau des sénateurs qui se laissent mener vers la mort… La troupe des autres acteurs, parfois inégaux, tire bien son épingle du jeu face à la tornade Berling.
Cette version de Galigula est un pari fou qui eut pu être une catastrophe totale. A la qualité d’écoute du public présent cet après-midi et à la durée de l’ovation qui a accompagnée les saluts, je pense ne pas avoir été la seule conquise.
Vas-y cours oh ! toi mon ami parisien ou touriste, cours au toujours bien accueillant théâtre de l'Atelier, 1 place Charles Dullin-Paris 18.
Message Personnel : Laurie ! si tu avais vu ce rideau !! J'ai bien cru que notre Bruno G. était dans le coup ;o)
*Durée de la pièce : deux heures*
Par zabouille
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De Pygmalion vu ce week-end, je me souviendrai longtemps de Daniele Lebrun.
Comédienne formidable sur les écrans, je la découvrais pour la première fois au théâtre. C'est toujours bluffant ces personnalités qui sans premier rôle, texte particulier, volent la vedette aux personnages principaux. Cette impression étrange que la lumière n' est plus que sur eux laissant les autres dans l'ombre.
Toutefois, Barbara Schulz qui interprête Elisa Doolitle (Audrey Hepburn chez Cukor) est excellente de nuances, tant en petite marchande de fleurs gouailleuse qu'en jeune fille modèle. Nicolas Vaude est une parfaite tête à claques telle que l'exige le rôle du Professeur Higgins. Peut-être un peu trop : il est difficile de s'attacher au personnage. Henri Courseaux joue le gentleman colonel Pickering avec un certain bonheur.
La mise en scène, classique, paye, notamment une dernière apparition de Barbara Schulz à la toute fin assez romantique. Une curiosité : les mouvements de décors (un rangement en portefeuille très astucieux - 3 lieux en tout) sont chorégraphiés et effectués à découvert.
Quant à la pièce elle-même, contrairement à l'essentiel des critiques, je l'ai trouvé mal vieillie.
Si Bernard Shaw n’est pas tendre avec la société de son époque, férue des apparences, il donne une image de la femme qui n'est pas très reluisante puisque finalement amoureuse de son Frankenstein. Abstraction faite de ce point, Pygmalion est un bon divertissement : 2h20,qu'on ne voit pas filer.
Ci -contre Daniele Lebrun
pour ceux qui ne verraient
plus très bien de qui il s'agit ;o)
Cette pièce ne se joue plus mais ce n'est pas une raison pour ne pas en parler. Peut-être qu'un jour au détour d'un théâtre, vous la croiserez et vous vous souviendrez de ce dithyrambique article. ;o)
Samedi soir, au Ciné 13 Théatre, j' ai donc assisté à la dernière de Nationale 666 avec mes potes, les Vernich qui n'ont jamais si bien portés leur nom que ce samedi.
Car ouich, on étaient vachement vernich d'être au Ciné 13 ce soir là... ;o)
L'histoire : Le matin de son mariage, Sophie Lanorme, un peu godiche et soumise est tiraillée entre deux choix soutenus par ses plus que complices Angélique Amoureuse et Louise Cyfer : le mariage et une vie toute tracée ou la liberté. Au moment de dire oui, elle choisit la fuite. Le road movie commence et Sophie jeune fille rangée va devenir une femme épanouie et libre.
L'histoire donc est un peu déjà vu mais plutôt bien ficelée avec des dialogues percutants. La scénographie particulièrement minimaliste - puisqu' elle se réduit à 3 cubes posés sur une moquette grise - laisse toute la place a une mise en scène extrêmement précise et énergique. A des jeux de scène délirants, s'ajoute l'élément clé de la pièce : ses comédiennes. Excellentes de justesse et de drôlerie, elles possédent en plus l'énergie indispensable pour cette pièce-cartoon particulièrement physique. Elles nous ont juste fait hurler de rire.
L'auteur de la pièce est Lilian Lloyd, auteur qui monte, qui monte...
Bref, si vous voyez à l'affiche Nationale 666 et qu'en plus elle est interprêtée par Ismérie de Lesser et Virginie Georges, achetez votre place. Vous passerez un excellent moment.
*ce fut aussi l'occasion de découvrir la salle du Ciné-Théâtre 13 (chez Claude Lelouch donc). Une petite salle (12m x 9 m) avec 100 places assises dont des canapés pour les plus chanceux et des tabourets pour les malheureux. Un lieu bien agréable*
http://www.christophe-willem.com
Dimanche 17 décembre 2006
Vu vendredi au théatre Bastille, "Basso Ostinato" par la companie Caterine Sagna.
Caterine Sagna, chorégraphe italienne, mèle dans ses créations, théatre et danse.
Deux types, puis un troisième, discutent, autour de pas mal de verres, d'une de leur expérience coquace de la danse à la Scala. La scène se répète à plusieurs reprises mélant crescendo à leur propos, des pas et mouvements de danse de plus en plus violents.
Les comédiens à l'accent italien manis un texte qui se découd au fil de la pièce et qu'ils finiront par manger sous forme de papier et d'alccol pour mieux le vomir un peu plus tard...
Danseurs exceptionnels, ils impressionnent dans une chorégraphie énergique et agressive. La lumière et la berceuse d'accompagnement sont plutôt hypnotisantes et participent à nous faire entrer dans la pîèce.
Le décor est on ne peut plus simple et perfectible à mon sens. La scène est nue si ce n'est une table et 3 chaises posées au premier plan qui gêneront la vue d'une bonne partie des mouvements de danse...
On note une jolie astuce de scénographie : quand la mise à mort approche, que même les objets tombent et se rompent, des brassards noirs sont posés sur le mobilier et sur la scène.
Je ne suis pas bien sûre d'avoir compris quel était le propos de "Basso Ostinato". Ce que j'y ai perçu me semble trop pauvre pour ne se résumer qu'à ça... Car j'imagine toujours que plus la forme d'expression est originale et provocante, plus le sens est profond. Peut-être me trompe-je ?
En tous cas, il m'eut fallu une interprète pour pouvoir apprécier le spectacle car j'ai été en quête de sens tout le long.
Un spectacle trop intello pour moi peut-être. C'est forcément intello puisqu'il y a du vomi, nan ? ;o)