Vendredi 30 mai 2008
Poncho orange sur fond noir, noir de l'immaculé décor, noir comme les tenues des choristes percussionnistes du corps.
C'est l'image que je garde du concert de Camille. C'était joli cet orange et ce noir. La folie et la discipline.
Parce que de la discipline, il en faut sans doute une sacrée pelletée lorsqu'on manie l'Art du claquement de doigts, du frollement des étoffes et des peaux, du claquement de langue et autres bruits de bouche.
Quant à la folie, Camille en déborde. A en devenir inquiètante ou peu sympathique parfois.
Du coup, mercredi soir quand je suis venue à La Cigale pour la voir et l'écouter j'avais en tête cette sale image qu'elle se traîne. La peur que le personnage médiatique prenne le pas sur la musicienne géniale.
Mais quand le poncho orange est arrivé sur scène et que la magie musicale s'est mise en route, le son a vite pris le pas sur l'image. Le miracle des disques opérant à nouveau instantanément. 5 choristes-"percussionnistes", 2 human beatboxes et une nana du genre sale gosse m'entrainent dans le miracle de la musique des corps.
Difficile de réaliser qu'aucun instrument de musique traditionnel n'est en action (il y a un piano mais qui intervient finalement peu). Et puis, il y a la voix de Camille. Une voix parfaitement maitrisée de la cave aux plus hauts cieux. Un élément impressionnant de plus, dans cette broderie, ce travail d'une précision d'orfèvre.
La première partie du concert se déroule
enchainant merveilles du deuxième et troisième album. Pas un mot pour le public, de toutes façons déjà conquis et bouillant, partagé entre le besoin d'une écoute quasi religieuse et le violent
désir d'acclamer. Trois quart d'heure de pure bonheur où le génie de Camille et sa troupe prend toute sa place.
Puis, Camille s'adresse au public pour la première fois et lance un bonsoir qui sera le signe du commencement d'une autre forme de concert. A la fois déconnante et concentrée, souriante mais ferme menant le navire, Capitaine-chef d'orchestre à la partition précise, elle ne cessera d'encourager le public à prendre part à la création des chansons plus rythmées qu'en première partie et donc plus enclines à accueillir la participation du public. A partir de ce moment, le concert perd un peu de cohérence et devient un fourre-tout mélant l'exceptionnellement bon et le "simplement" distrayant. Les 2 human beatboxes s'affrontent en un duel impressionnant sous les encouragements et pas de danse tribale d'une Camille survoltée, les titres plus boum-boum du dernier album prennent la plus grande place, Camille nous offre un fabuleux "14 septembre" réorchestré en messe puis invite son cocker en un surprenant et très drôle duo de 30 secondes et clôt avec sa troupe ces 2 heures de concert en communion avec le public, au plus prés de la fosse et sans micro, sur "Paris" (et ceci dans une robe noir dont le dos décolleté ferait même rougir Mireille Darc qui en a connu d'autres).
Malgré tout, cette deuxième partie un peu en dessous du début du concert ne suffit pas à m'oter cette conviction profonde : Camille est avant tout Géniale.
PS : Découverte de ce concert (mais comment ai-je pu ne pas y penser avant...) taper des mains à un concert de Camille revient à devenir musicien un peu comme si dans la fosse d'un concert de U2 vous vous mettiez à jouer de la guitare électrique. Et quand ceux sont 400 personnes qui jouent de la guitare on entend beaucoup moins bien le chanteur et son groupe. Surtout si le public ne connait pas la partition sur le bout des doigts... Donc, taper des mains à un concert de Camille faut même pas y penser.
C'est l'image que je garde du concert de Camille. C'était joli cet orange et ce noir. La folie et la discipline.
Parce que de la discipline, il en faut sans doute une sacrée pelletée lorsqu'on manie l'Art du claquement de doigts, du frollement des étoffes et des peaux, du claquement de langue et autres bruits de bouche.
Quant à la folie, Camille en déborde. A en devenir inquiètante ou peu sympathique parfois.
Du coup, mercredi soir quand je suis venue à La Cigale pour la voir et l'écouter j'avais en tête cette sale image qu'elle se traîne. La peur que le personnage médiatique prenne le pas sur la musicienne géniale.
Mais quand le poncho orange est arrivé sur scène et que la magie musicale s'est mise en route, le son a vite pris le pas sur l'image. Le miracle des disques opérant à nouveau instantanément. 5 choristes-"percussionnistes", 2 human beatboxes et une nana du genre sale gosse m'entrainent dans le miracle de la musique des corps.
Difficile de réaliser qu'aucun instrument de musique traditionnel n'est en action (il y a un piano mais qui intervient finalement peu). Et puis, il y a la voix de Camille. Une voix parfaitement maitrisée de la cave aux plus hauts cieux. Un élément impressionnant de plus, dans cette broderie, ce travail d'une précision d'orfèvre.
La première partie du concert se déroule
enchainant merveilles du deuxième et troisième album. Pas un mot pour le public, de toutes façons déjà conquis et bouillant, partagé entre le besoin d'une écoute quasi religieuse et le violent
désir d'acclamer. Trois quart d'heure de pure bonheur où le génie de Camille et sa troupe prend toute sa place. Puis, Camille s'adresse au public pour la première fois et lance un bonsoir qui sera le signe du commencement d'une autre forme de concert. A la fois déconnante et concentrée, souriante mais ferme menant le navire, Capitaine-chef d'orchestre à la partition précise, elle ne cessera d'encourager le public à prendre part à la création des chansons plus rythmées qu'en première partie et donc plus enclines à accueillir la participation du public. A partir de ce moment, le concert perd un peu de cohérence et devient un fourre-tout mélant l'exceptionnellement bon et le "simplement" distrayant. Les 2 human beatboxes s'affrontent en un duel impressionnant sous les encouragements et pas de danse tribale d'une Camille survoltée, les titres plus boum-boum du dernier album prennent la plus grande place, Camille nous offre un fabuleux "14 septembre" réorchestré en messe puis invite son cocker en un surprenant et très drôle duo de 30 secondes et clôt avec sa troupe ces 2 heures de concert en communion avec le public, au plus prés de la fosse et sans micro, sur "Paris" (et ceci dans une robe noir dont le dos décolleté ferait même rougir Mireille Darc qui en a connu d'autres).
Malgré tout, cette deuxième partie un peu en dessous du début du concert ne suffit pas à m'oter cette conviction profonde : Camille est avant tout Géniale.
PS : Découverte de ce concert (mais comment ai-je pu ne pas y penser avant...) taper des mains à un concert de Camille revient à devenir musicien un peu comme si dans la fosse d'un concert de U2 vous vous mettiez à jouer de la guitare électrique. Et quand ceux sont 400 personnes qui jouent de la guitare on entend beaucoup moins bien le chanteur et son groupe. Surtout si le public ne connait pas la partition sur le bout des doigts... Donc, taper des mains à un concert de Camille faut même pas y penser.

Arman Méliès
est un chanteur français plébiscité par Télérama, Les Inrockuptibles et Libération entre autre presse intello-je-me-la-pête (que je lis chaque semaine au demeurant...).
Film à sketchs filmés en
noir et blanc.