Rubriques

Vendredi 9 décembre 2011 5 09 /12 /Déc /2011 22:27

vendu.gif

Nous vivons une époque formidable ! Et idéale pour qui aime l'humour noir et de mauvais goût. Le monde est tragique, Délires d'initiés est comique.

Simon et Florence s'en donnent à coeur joie. Ca fuse et ça  grince. Tous les travers, surtout les gros, y passent. Règne de l'argent, de la violence, de la pornographie, le monde est sans pitié. Petites gens de France et du monde entier, jeune et vieux, vous en bavez ? On vous prévient ce n'est pas là de s'arrêter. Si vous suivez l'actualité sociale, sociétale, économique et politique (internationale) ce spectacle vous ravira.
Délires d'initiés est un spectacle très bavard et quand on évalue la quantité de bonnes vannes et bons mots, on admire la richesse et la qualité de l'écriture. L'humour noir est l'acteur principal de la pièce et il revêt bien des costumes : celui du jeu de mot à deux balles, du comique de situation, de la grosse farce, de la grossièreté, de la satire, de l'analyse décalée...

Si le spectacle prend fin sur un sketch en dessous du reste, on demeure sur le souvenir de l'excellent sketch des JO, mais c'est une question de Shoa...


Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 21:26

comte-de-bouderbala.jpg Le Comte de Bouderbala a une bonne gueule, une belle présence sur scène, le sens du mime et se démarque des autres pro du stand-up par l’usage d’un vocabulaire bien plus étendu que la moyenne. Réjouissant donc.

Le Comte de Bouderbala semble avoir oublié que le tout médias quotidien des français réduit à peau de chagrin la durée de vie de tout sujet d’actualité et que les tendances le sont de plus en plus brièvement. Aussi, lorsque pour faire rire son public, sur la scène de l’Alhambra, le 8 décembre 2011, il évoque toujours les aventures de Ribéry et Zahia, l’adhésion de Doc Gynéco à l’UMP, le voile de Diams, les violences conjugales de Cheb Mami ou Khaled… on se dit qu’il se fout un peu de son public. Le Comte de Bouderbala, Saint-dionisien, nous présente aussi sa vision des rappeurs dont il n’hésite pas à dénoncer… le mauvaise usage de la langue française… Propos qu’il illustre assez longuement d’exemples édifiant tirés de morceaux musicaux... datant tous de plusieurs années... Vexant donc.

Quand le Comte de Bouderbala, pour rafraîchir un peu son spectacle, évoque l’affaire DSK et la mort de Kadhafi et qu’il le fait en deux pauvres phrases, trois grimaces et une demie-vanne, on se dit qu’il est déjà à sec. Inquiétant donc.

Le Comte de Bouderbala ne brille pas par son originalité. Une grande partie de son spectacle tourne autour du principe du « les américains sont comme ci, les français sont comme ça ». Il enfonce à son tour les portes ouvertes de ce sujet vu et revu. Sujet d’autant moins inédit que Rachid Badouri qui assure sa première partie a choisi lui de nous parler des québecois versus les français… Quand Le Comte de Bouderbala dit que Obama a la classe et que Sarkozy ressemble à De Funés, on se pend et on note deux-trois vannes plus loin que le Comte de Bouderbala est le seul comique avec Laurent Gerra a évoqué encore Jacques Martin, Léon Zitrone et Jean-Pierre Pernaud dans son spectacle. Affligeant donc.

Le Comte de Bouderbala présente, comme dans tout bon spectacle comique, la partie dite raciste et assumée comme telle. Il l’ouvre sur un sketch descriptif des Roumains ou Roms (il alterne les deux appellations) mendiants, agressifs, moches et mal fringués avec une férocité qui pourrait être très drôle s’il y apportait la petite note de nuance, même faux cul, qu’il sert lorsqu’il évoque les autres communautés et origines culturelles. Tels les juifs et les noirs (mais pas trop parce que « c’est tabou »), les chinois (largement mais c’est quand même eux les plus forts car ils vont tous nous niquer), les arabes qui doivent leur mauvaise réputation aux images diffusées à la télé… ce qui n’est sans doute pas le cas des Roumains brocardés il n’y a pas si longtemps par certains hommes politiques qui occupent les mêmes journaux télévisés…Enervant donc.

 

Le Comte de Bouderbala a sans aucun doute un vrai talent de stand-upeur. Le problème c’est qu’il semble revenir d’une longue hibernation. Flemmard, son spectacle a 5 ans de retard. Fainéant donc.


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 26 novembre 2011 6 26 /11 /Nov /2011 18:15

bullet-park2.jpgLe Collectif Les Possédés nous présente au Théâtre Bastille son adaptation du roman de John Cheever  "Les Lumières de Bullet Park". Ecrit en 1969, le livre raconte le quotidien de deux familles Américaines vivant dans le confort moderne d'une banlieue protégée où rien ne dépasse ou rien ne doit dépasser. Ennui, alcool, soif de consommation, sexualité non assumée, régne du paraître et du qu'en dira-ton... le malaise se révèle en chaque geste.La folie peut ici s'épanouir, un simple accroc à la tranquilité du quotidien et l'engrenage se met en marche.

Les Possédés sont composés de comédiens exceptionnels. Leur jeu est parfait.

Leur mise en scène est ici encore excellente. Le décor pose en quelques accessoires l'époque. La scénographie occupe parfaitement la scène en y multipliant les lieux sans qu'à aucun moment on ne s'y perde.

La pièce est très drôle, caustique et folle. Dans les échanges et les monologues la qualité d'écriture, que l'on suppose être celle de John Cleever, interpelle.

Le récit, de 2h00, marque quelques langueurs et longueurs et la scène finale semble un peu expédiée. Cela est sans doute dûes à la difficulté d'adapter un roman au théâtre. Mais, le reste est tellement bien, que ces petits moments d'affaiblissements sont vite oubliés.



Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 26 novembre 2011 6 26 /11 /Nov /2011 17:47

intouchables-affiche.jpg"Intouchables" c'est : 

le sens du récit

une réalisation honorable

l'excellence du casting jusqu'aux seconds rôles

(Anne Le Ny toujours parfaite)

le sourire XXL d'Omar

la grâce de Cluzet

le rire en quantité 

Quant aux messages sur l'handicap, avec ou sans respect, c'est surtout le Driss de banlieue qui est l'objet des railleries.

"Intouchables" est avant tout une bonne comédie, une excellente occasion de se marrer sans trop se poser de question.


 


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 19 novembre 2011 6 19 /11 /Nov /2011 19:16

toutes-nos-envies.jpg En entrant dans la salle de "Toutes nos envies", je pensais voir un film racontant le combat de deux juges face aux sociétés de crédit.

En sortant de la salle de "Toutes nos envies", j'avais vu un film contant les dernières semaines d'une jeune mère de famille atteinte d'une tumeur au cerveau, avec en personnage tertiaire une histoire de surendettement.

Alors forcément, ce n'est pas pareil...

Marie Gillain, Vincent Lindon, et les autres sont très bien.

Mais le récit, en plus d'être bancal et peu crédible, n'offre aucun intérêt.


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 13 novembre 2011 7 13 /11 /Nov /2011 20:56

la-verite.jpg

La Vérité est une pièce de Florian Zeller,  l'écrivain dont les livres me tombent des mains et l'auteur de la pièce "Si tu mourrais" vu en 2006 et souvenir pénible que la délicieuse présence de Catherine Frot n'a pu sauver.

La Vérité est interprétée, au théatre Montparnasse par l'excellentissime Pierre Arditi.

 

Le premier, à ma grande surprise, a tissé une histoire de mensonges vaudevillesque à la mécanique astucieuse parfaitement pensée.  

Le second, génial comme toujours, joue la partition de façon magistrale avec une énergie incroyable, ne lésinant pas sur le cabotinage pour notre plus grand plaisir.

 

Ensemble, ils créent une pièce intelligemment construite qui dans son genre frôle une certaine perfection et risque fort d'être jouée, rejouée et reprise pendant quelques années.


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 9 novembre 2011 3 09 /11 /Nov /2011 23:55

MALTE073

       © Isabelle Dujardin


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 30 octobre 2011 7 30 /10 /Oct /2011 12:44

polisse.jpgPolisse raconte le quotidien, qu'il soit professionnel ou privé, de policiers d'une Brigade de Protection des Mineurs.

Les scènes intenses se succèdent à un rythme soutenu, haletant, nous emportant dans un tourbillon mélant toutes les émotions, de la tristesse au dégout, de la révolte au désespoir jusqu'au rire.

Les comédiens sont tous exceptionnels, et le groupe fonctionne dans une énergie idéale. La mise en scène intense et le montage sec accentuent le sentiment d'urgence mais aussi celui d'impuissance. Les exemples de violences faites aux enfants se succèdent toujours dans des scènes "documentaires" qui semblent criantes de vérité. Dans des séquences  très courtes ou semblant interminables, Maïwenn gère le temps nécessaire à l'évènement pour qu'il prenne toute sa dimension. On pourra lui reprocher une impression d'inventaire ou de catalogue, quelques excés, mais la force des scènes excuse à elle seule ces petits travers et puis il s'agit d'une oeuvre de fiction.

La vie privée des policiers est distillée de façon harmonieuse répondant parfaitement à la vie de la brigade. Seule l'histoire d'amour que Maïwenn s'est offerte avec Joey Starr déséquilibre le film et le gâche un peu. En supprimant son rôle et cette love story, Maïwenn n'aurait pas été bien loin du film parfait.

Polisse, malgré ses défauts, est un film marquant et fort d'une réalisatrice très douée. 


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 13 octobre 2011 4 13 /10 /Oct /2011 23:59

The-Artist-affiche1Fin des années 20, à Hollywood, au temps du muet, l’acteur George Valentin est en pleine gloire. La presse, le public sont à ses pieds. Il fait la pluie et le beau temps dans les studios. Il est LA vedette du cinématographe. Puis le parlant entre en scène…

 

Les trois premiers quarts d’heure sont particulièrement réjouissant. Ils content la gloire Hollywoodienne, les films muets et la rencontre avec la troublante Peppy Miller, toute jeune comédienne qui saura grandir avec son temps. Les gags, astuces et clins d’œil enchantent. Puis, vient la plus belle scène du film, tout simplement géniale, où le son entre par effraction dans le film et le monde aphone de George Valentin. Scène clé qui résume en quelques minutes le sort du héros. Le mélodrame arrive. Le héros s’enferme dans son pari sur le silence, tombe dans l’oubli et le spectateur presque dans l’ennui. Le film perd tout rythme peut-être pour appuyer un peu plus le vide dans lequel tombe George Valentin. Le charme opère toujours mais le temps semble plus long. Pourtant, même dans cette demi-heure de moins bien, Hazanavicius nous offre trois ou quatre scènes fortes et quelques astuces jouant sur le thème de la parole et du non-dit. Il manque juste un petit quelque chose. Puis, la vie revient chez notre héros et dans le film qui se termine par un numéro de claquette à la Ginger et Fred enthousiasmant.

 

Hazanavicius nous raconte à peu de choses près la même histoire que le chef d’œuvre « Chantons sous la pluie », sauf qu’ici le héros ne saura pas rebondir. Aussi, le film est muet. Car le sujet de The Artist n’est pas l’avènement du parlant mais la chute et l’oubli d’un artiste et le silence.

Il faut bien dire que si Hazanavicius rend hommage au cinéma muet, il n’en propose pas moins un vrai film avec une vraie histoire qui existe hors de son insolite format.

Jean Dujardin, parfait, passe de l’outrance du jeu de l’acteur sans voix à toute la justesse nécessaire pour que le spectateur entre parfaitement dans l’histoire. A ses côtés, un inséparable compagnon aussi charmant que talentueux, un petit chien qui n’est autre, comme par hasard, qu’un sosie du fameux chien de… la Voix de son Maître. Bérénice Béjo, que je n’avais jamais trouvé très bonne comédienne, est ici très bien. La musique accompagne avec justesse le film du début jusqu’à la fin. La mise en scène oscille entre plans « d’époque » et jolies trouvailles. Les scènes très inspirées de chefs d’œuvre américain du noir et blanc (pas forcément muet : Citizen Kane, Le portrait de Dorian Gray, Charlot…) sont nombreuses et Hazanavicius sait les parsemer et les amener avec la grâce et l’imagination nécessaires pour ne pas faire de son film un vulgaire catalogue. Bref, si The Artist n’est pas tout à fait le film parfait que semblait nous décrire la critique, il n’en demeure pas moins un film particulièrement gracieux et enthousiasmant.


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 17 septembre 2011 6 17 /09 /Sep /2011 18:03

habemus_papam_affiche.jpgA Rome, les cardinaux se réunissent en conclave et élisent leur pape. Après quelques difficultés à faire leur choix parmi les favoris (qui prient tous pour ne pas être nommés), les votes se concentrent sur un outsider, le cardinal Melville (Michel Piccoli). Mais Melville après avoir accepté sa mission, devient mutique, dépressif et prend la fuite.

 

L'idée du cardinal élu Pape, qui refuse sa nomination, était pleine de promesse.

Sujet idéal pour proposer une réflexion sur la foi, la place des hommes d'église, la légitimité du souverain pontif, le poids de la fonction, la solitude des hommes de pouvoir, leur faible moyen à aider...

Seulement, voilà, le cardinal Melville refuse la fonction pour la simple raison qu'il n'a pas l'âme d'un chef. Sa foi n'est pas remise en question, les positions de l'Eglise qu'il faudrait défendre ne sont pas  le problème, l'Eglise et la religion ne sont tout simplement pas le sujet du film. Melville aurait très bien pu renoncer à un poste de chef d'état après des élections nationales, il refuse simplement d'endosser le poids du poste, de se sacrifier à la tâche. Il pense à lui avant de penser au groupe.

On pourrait se raccrocher à ce sujet sans peine tant l'interprétation de Michel Piccoli est parfaite si Moretti creuser un peu plus le sujet et son personnage. Mais on ne saura jamais vraiment qu'elles sont les motivations de Melville, quelles sont ses consolations ; son escapade dans Rome lugubre et ses rencontres déprimantes ne pouvant représenter un échappatoire.

Si sur le fond le film déçoit, Nanni Moretti propose plusieurs scènes assez drôles se moquant des cardinaux mais aussi des psychanalystes, concurrents direct des hommes d'église et aussi des incapacités des deux chapelles à apaiser les doutes de leurs "patients".On conserve aussi la prestation de Piccoli, parfait comme toujours.


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés