Oh toi mon ami !
avec des coups de coeur et des coups de bec.
Et de l'anecdote ?! En veux-tu ? en voilà !!!
Le
musée d'Art Moderne présente une exposition très riche (compter deux heures), découpées en trois parties :
Sonia (Maruschka Detmers), dans le but de se venger, demande à une prostituée (Virginie Efira) de séduire son ex-mari.
Si cela vous dit quelque chose c'est peut-être parce que "Nathalie" de Philippe Blasband a déjà été adaptée au cinéma par Anne Fontaine (avec Emmanuelle Béart et
Fanny Ardant). Aussi, peut-être, parce que la presse parle des premiers pas théâtraux de l'animatrice Virginie Effira et aussi de certains passages de la pièce annoncés comme crus, pouvant
choquer.
Pourquoi être aller voir "Nathalie" ? Parce que Marutschka Detmers.
Faut-il aller voir "Nathalie" ? Non, car une mauvaise pièce même interprétée par une comédienne de grand talent reste une mauvaise pièce et peut même gâcher une belle prestation.
Le texte n'a rien de fameux, l'histoire est simpliste, l'intrigue peu originale est minuscule et mal ficelée, les thèmes qui pourraient se détacher ne sont que
ridiculement effleurés, tout comme les deux portraits de femmes à peine esquissés. La fin éculée n'oublie pas de tomber dans le grotesque. Quant aux parties choquantes elles sont survendues (il
me semble que de nos jours, il en faut plus pour choquer le bourgeois) et très répétitives.
La mise en scène découpe la pièce en tout petits morceaux en nous imposant des "noirs" toutes les 5 minutes. Idéal pour capter l'attention du public...
Les décors tout en coulissement - jusqu'à traverser la scène de long en large pendant que les comédiennes jouent - participent eux aussi à garder le spectateur à
distance.
On ne peut rien reprocher aux deux comédiennes qui donnent comme elles peuvent vie à leurs pauvres personnages.
Virginie Effira assure sa part du travail, toute en fraîcheur, elle offre plusieurs moments de rire. Mais la partition qu'elle a à jouer ne lui donne pas l'occasion de nous épater vraiment.
Marutschka Detmers, joue constamment à fleur de peau. Elle s'offre toute entière dans le rôle de Sonia, tout particulièrement dans de courtes scènes où elle se laisse emportée par la détresse de son personnage. Malheureusement la pauvreté de la pièce rend cette intensité presque incongrue. Le jeu de Marutschka Detmers est tellement au-dessus du niveau d'ensemble qu'on ne voit plus que la performance.
*On remarquait parmi les spectateurs la présence de Patrice Leconte.
La Compagnie Les Possédés proposent au Théâtre Bastille "Oncle Vania" de Tchekov.Les metteurs en scène, Rodolphe Dana et Katja Hunsinger, ont travaillé sur la proximité dans l'objectif de démythifier le rapport des spectateurs à l'espace théâtral. Ainsi, les spectateurs qui pénètrent dans la salle sont invités par les acteurs eux-mêmes à prendre un verre au buffet avant de rejoindre les gradins installés sur trois des quatre côtés qui entourent la scène centrale. La pièce peut alors commencer.
La longue table qui a servi pour le buffet s'avére être le seul élément de décor
de la pièce et est déplacée et transformée entre chaque acte par les comédiens eux-mêmes.
Pour ce qui est du travail sur la proximité, j'avoue que cette mise en place n'a
pas eu d'effet particulier sur moi. C'est plutôt l'exceptionnelle qualité des comédiens qui m'a permis de plonger illico dans l'histoire d'Oncle Vania et son entourage. David Clavel vibrant
Oncle Vania est d'une justesse imparable, Marie-Hélène Roig nous touche dans le rôle de Sonia, seul être raisonnable de cette smala nombriliste, et Simon Bakhouche nous offre des apparitions
d'une précision saisissante dans le rôle de Sérébriakov. L'accent Allemand (?) de Katja Hunsinger m'a un peu perturbé sans toutefois gâcher sa prestation.
Durant ces deux heures de représentation "Oncle Vania" s'avère d'une incroyable
modernité et les interrogations qu'il soulève totalement actuelles ; sans qu'on sache très bien si cela est dû à l'exceptionnel talent des comédiens ou à celui de Tchekov.
A voir donc sans réserve.
"La vente du siècle", Brancussi, Picasso, Mondrian, Léger, émaux vénitiens, mobilier art Déco... La collection Yves Saint Laurent -
Pierre Bergé "exposée" sous la nef du Grand-Palais attend d'être dispersée lors de la vente qui se déroulera toute la semaine prochaine. En attendant, la nef
est ouverte au public jusqu'à lundi 13h00.
Le bal des Actrices est
vendu par les journalistes comme un film docu dont on se demande sans cesse où est la vérité, où est le faux. Sans doute le seul fait que les actrices jouent sous leur propre nom suffit à les
perturber.
Le projet "6 milliards
d'autres" a nécessité six reporters qui pendant 4 ans de tournage ont posé leurs caméras dans 75 pays. Objectif : interviewer 5000 personnes, dans 43 langues différentes, et enregistrer
leurs réponses personnelles aux 40 mêmes questions. Cela donne en tout 3500 heures filmées dont 20 heures sont projetées dans le cadre de l’exposition au Grand Palais.
C’est dans la Nef qu’a été installée une bonne vingtaine de yourtes portant chacune un thême (aimer, pardonner, les peurs, la famille, le bonheur...) et présentant sur écran les
témoignages filmés en plans fixes et serrés. L’image ici ne jouant que son rôle de support ne vient en aucun cas perturber l’attention donnée à la parole. Elle est toutefois soignée et rend hommage à la diversité des visages, à leur couleur, leur forme et à leur expression.
Ces milliers de visages si différents nous offrent des témoignages étonnants de simplicité, de violence ou de drôlerie et happent
le spectateur dans un effet hypnotique. Le résultat est captivant et souvent émouvant. Tous ces êtres que leur culture, leur histoire et leur situation géographique séparent,
se retrouvent dans ce qui provoque leurs émotions les plus fortes.
L'exposition court jusqu' au 12 février. Si vous ne pouvez y aller, des centaines d'autres vidéos sont disponibles sur le
site internet : www.6milliardsdautres.org.
PS : Evitez les heures de pointe : les yourtes sont très petites et vous risquez de devoir faire la queue pour y
entrer.
Le très beau musée
Jacquemart-André propose jusqu'au 25 janvier, une rétrospective du travail de portraitiste de Antoon Van Dick. Sont rassemblées des toiles venues des plus grands musées Européens et
Américains.
Elève de Rubens, Van Dick a puisé son inspiration en Italie avant de revenir à Anvers puis de rejoindre la cours d'Angleterre charmée par son talent.
Sa peinture dite baroque enchantera les amateurs du genre.
Personnellement, j'ai trouvé les regards assez monocordes ; la palette des émotions exprimées étant assez restreinte - les personnages semblent soit effrayés, soit hautains.
Mais, même si je reconnais la qualité du travail effectué, je dois avouer que ce genre pictural n'a pas ma préférence.
Conservant le même point de départ que le très noir et somptueux "No country for old man" (un Monsieur Toutlemonde tombe par hasard sur le pactole et espére
bien faire la nique aux méchants), les frêres Cohen nous proposent cette fois-ci un moment de récréation.
Jouant sur l'effet boule de neige, ils entrainent leurs personnages haut en couleurs et tous plus bêtes les uns que les autres, dans une comédie loufoque et absurde.
C'est vif, drôle et particulièrement bien interprêté par Malkovitch, Pitt, Clooney et Frances MC Dormand tous en super forme.
Si le génie de la comédie demeure moins impressionnant que celui du suspens et du drame, "Burn after reading" offre tout de même un excellent moment de cinéma.