Samedi 28 janvier 2012
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16:50
Le Pavillon Carré Baudouin
accueille l'oeuvre intégrale de Marcel Storr, une soixantaine de dessins réalisés entre 1930 et 1975 et précieusement conservés par Liliane et Bertrand Kempf.
Marcel Storr était cantonnier pour la ville de Paris
au Bois de Boulogne. Tout au long de son existence, qui avait débutée de façon la plus rude et qui semble n'avoir jamais était tendre avec lui, il s'est bâti un univers, une
autre dimension où les bâtiments sont immenses et où l'humain n'est que fourmi. Le tout dans des couleurs d'automne, orange, marron et rouge.
Tout d'abord des églises et cathédrales de plus en plus grandes et étranges qui étaient sans doute les bâtiments les plus imposants qu’il avait pu rencontrer dans
sa vie réelle. Puis, les tours de la Défense se mettent à pousser derrière les arbres du Bois de Boulogne.
Une nouvelle « race »
de bâtiments gigantes ques se présente à lui et ouvre son imaginaire. Marcel
Storr dessine alors d’inquiétantes mégapoles dans lesquelles la nature qu’il cotoit au quotidien prend de plus en plus de place. Ses dessins semblent une jungle de végetation et de batiments
pointant vers le ciel, où l’humain demeure minuscule.
Tous les dessins sont d'une grande précision, tant qu'on pourrait les observer pendant des heures pour y percevoir chaque aspect, chaque détail. Devant les
architectures étranges, on pense souvent à Gaudi et son incroyable Sagrada Familia.
Marcel Storr et son étrange univers se découvrent au Pavillon Carré Baudouin jusqu'au 31 mars 2012.
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Vendredi 27 janvier 2012
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23:16
J.Edgar reste un mystère : quel
en est le sujet et qu'à bien pu vouloir dire Eastwood ?
Il semblerait que ce soit le Hoover privé qui intéresse Eastwood. Problème : Hoover ne vivait que pour le FBI et le pouvoir qu'il en tirait. Sa vie privée frolait
le néant et son entourage "intime" se résumait à sa mère (castratrice apparement), sa secrétaire dévouée et son fidèle bras droit amoureux transit et platonique semble t-il. Car oui Hoover avait
des penchants homosexuels refoulés, tellement qu' Eatswood n'en dit pas grand chose tout en y accordant la plus grande part de son film... Du coup, il n'a
quasiment rien à raconter, de fait il ne se passe rien et on s'ennuie ferme. Cerise sur le gâteau, l'Histoire qu'a traversée et fait Hoover n'est qu'effleurée et perdue dans un aller-retour
incessant, et quasi sans repère historique, entre passé et présent. Le présent étant celui du grand âge pour Hoover incarné par un Di Caprio, il est vrai, plutôt bon sous son
maquillage.
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Vendredi 27 janvier 2012
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23:00
Métrobus, la régie publicitaire de la RATP
a collé et, dans la même foulée, arraché
les affiches du prochain spectacle
de Stéphane Guillon.
Ca m'inquiète.
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Dimanche 22 janvier 2012
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20:03
Le Café de la Gare met
en scène l'Ubu Roi de Jarry.
Ce théâtre connu pour son goût pour le décalage ne pouvait être meilleur écrin pour cette pièce loufoque.
La troupe excellente rend parfaitement honneur à la folie de Jarry et joue à fond la carte du burlesque et de l'outrance.
Délirant, désopilant et à l'occasion déstabilisant, cet Ubu Roi est à la hauteur de sa réputation.
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Dimanche 15 janvier 2012
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16:18
La Halle Saint-Pierre propose l'exposition "Hey ! Moderne Art et Pop Culture" en association avec le magazine du même nom.
En tout 65 artistes, venus du monde entier, exposent leurs oeuvres que l'on peut trouver plus proches du porn art ou horror' art que d'une ambiance pop.
La zenitude fréquente peu les oeuvres présentées dont dégueulent les violentes angoisses des artistes.
Les amoureux du beau ni trouveront pas toujours leur compte, ceux qui préfèrent le gore seront comblés.
Je retiens tout de même les oeuvres de la coréenne Yu Jinyoung, les foetus super héros de Alexandre Nicolas et les impressionnants portraits de Turf One.
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Jeudi 12 janvier 2012
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22:56
Le Cirque invisible est présenté, inventé et incarné par Jean-Baptiste Thiérrée et Victoria Chaplin. Un univers
fantasmagorique, à la fois burlesque, enchanteur et poétique.
Le couple s'est réparti les rôles de façon évidente. Jean-Baptiste, cheveux blancs ébouriffés et costumes peints, est le clown, chanteur et magicien volontairement maladroit et facétieux. Un être
lunaire qui sort de ses valises les objets du quotidien pour les détourner et en faire un jeu, un fou-rire.
Victoria incarne la grâce, le don de la transformation. Funambule, contorsionniste et reine du camouflage, cette jeune
femme, de 60 ans en paraissant 30, se métamorphose en animaux étranges et merveilleux. Un bout d'étoffe, un rocking-chair, une table et une théière lui suffisent. Et dans cet ensemble étrange,
tout semble facile et évident.
Le spectacle dure deux heures qui passent en un éclair. Il se compose d'une bonne
vingtaine de saynètes indépendantes et entrecoupées de noir. Chacune (ou presque) a son intérêt, par le rire qu'elle provoque, l'étonnement qu'elle
suscite, le voyage qu'elle propose. Jean-Baptiste et Victoria créent une sympathie immédiate. On les connaît à peine que déjà on les aime. Et pourtant, il manque une chose à leur cirque invisible
pour nous emporter totalement dans leur univers, pour que nous quittions totalement notre statut de spectateur. Ce petit quelque chose est un fil conducteur, une histoire qui supprimerait les
noirs et la frustration de voir le rêve s'arrêter, qui créerait un lien entre chaque saynète, pour que ces merveilleux moments de grâce ne soient pas une "simple" succession de numéros de cirque
mais un vrai, beau et long poème. Comme un spectacle de James Thiérrée par exemple, au hasard...
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Mardi 3 janvier 2012
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20:47
Roman Polanski adapte au cinéma la pièce de Yasmina Reza "Le Dieu du carnage" : un huis clos bien foutu mettant en scène deux couples venus "régler" les problèmes causés par
une bagarre entre leurs deux fils.
La réalisation, bien que sans effet de manche, est suffisament fluide pour que ce théatre passe facilement le cap du grand écran.
L'interprétation est excellente (Christopher Waltz, Kate Winslet et John C Reilly) même si on pourra reprocher à Jodie Foster un jeu un peu trop en force.
Surtout, le texte est percutant, rythmé et d'une belle efficacité.
Même si on ne retrouve pas ici la mise en scène virtuose de "Ghost writer", le plaisir, différent, est bien présent.
Les Polanski se suivent, ne se ressemblent pas mais offrent toujours bien des satisfactions.
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Vendredi 30 décembre 2011
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20:16
Le Centre Pompidou propose, depuis octobre et jusqu'au 9 janvier, une rétrospective du travail de Yayoi Kusama. Exceptionnelle occasion de découvrir le vaste
travail de l'artiste, l'exposition présente 150 oeuvres réalisées entre 1940 et 2010. L'artiste japonaise a réalisé des oeuvres suffisament variées pour que chacun y trouve au moins une série
intéressante. Même si on se surprend devant certaines installations à se demander si le nom de Yayoi Kusama n'est pas la seule justification de leur présence à Beaubourg, nombre d' oeuvres
séduisent. Leur caractère hypnotique est comme un petit goût de la folie de Yayoi Kusama pensionnaire d'un asile psychiatrique depuis 50 ans.
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Jeudi 22 décembre 2011
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"La Noce" est une des premières
pièces écrites par Bertolt Brecht. Elle met en scène un repas de noce qui tourne au massacre. Les illusions des jeunes mariés s'écroulent en même temps que
le mobilier en bois fait maison.
Si les protagonistes sont hauts en couleurs, le propos n'est pas très puissant. Brecht reste en surface dans une dénonciation, qui s'avère aujourd'hui un peu
désuette, des conventions, du qu'en dira t-on et de l'hypocrisie qui régne sur cette petite bourgeoisie.
La qualité des comédiens, l'intelligence des décors, le parti pris très burlesque de la metteuse en scène et la beauté du
théätre du Vieux Colombier sauvent la soirée.
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Samedi 17 décembre 2011
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16:35
Le musée des Arts Décoratifs
consacre une exposition rétrospective à Jean-Paul Goude. Cet artiste au génie multiforme a marqué, dans les années 80 et 90, époque où les publicitaires et les mannequins étaient des stars, la
mémoire collective avec ses campagnes publicitaires et la commémoration du bicentenaire de la Révolution. Côté pub, on se souvient de Grace Jones avalant en plein désert une Citroën, Prokofiev
joué pour Egoïste, sur les hurlements d' une horde de femmes en furie scandant le "oh rage, oh désespoir" du Cid, Vanessa Paradis en cage, les Kodakettes
voleuses d'images... des films qui revêtent une qualité esthétique et scénographique qui les sort largement du lot. Côté grand spectacle, les français se
rappellent, en 1989, du cortège surréaliste, gigantesque, époustouflant remontant les Champs-Elysées : la locomotive, les valseuses géantes, Jesse Norman habillée du drapeau français, les
musiciens de tous pays... Les plus fans n'ont pas oublié les ektas découpés, oeuvres photographiques uniques.
Dans l'exposition, le goût des couleurs, du métissage, du mouvement et du décalage en tout, transperce en une scénographie particulièrement soignée et ludique. Pour
ceux qui en ont l'âge, cette exposition est une parfaite madeleine, moment dédié aux souvenirs, à l'évasion et à la
bonne humeur. Les plus jeunes s'amuseront de ces délires colorés et apprécieront l'esthétique et l'inventivité d'un Jean-Paul Goude toujours en activité. Ils
ne regarderont plus tout à fait de la même façon les affiches des Galeries Lafayette.
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