Mercredi 8 février 2012
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22:25
Sophie Mounicot présente "Consensuelle" au théâtre du Petit Gymnase.
Sophie Mounicot c'est la Clara de la série H mais elle a dû faire pas mal d'autres choses car je n'ai jamais regardé le
moindre épisode de H et pourtant je connais bien son visage et son jeu.
Ce qui éclate très vite en ce début de spectacle c'est le vide. Tellement présent et de façon si curieuse que ça vous saute
à l'esprit. On est d'abord séduit par la présence de la comédienne, par un ou deux bons mots mais très vite l'absence de contenu nous foudroie.
A cela s'ajoute l'impression étrange que la comédienne en a conscience, n'assume pas et s'en excuse. Cela pourrait être une
posture, une astuce scénaristique sauf que cela se poursuit pendant plus d'une demi-heure soit plus de la moitié du spectacle. C'est bien trop long.
Parallèlement, on perçoit un certain savoir-faire dans l'écriture. Les sketchs se répondent, se complètent avec parcimonie,
discrètement. Le spectacle se tricote maille par maille mais de façon bien trop lente et avec trop peu de bons gags ou même de bonnes idées.
Puis, vient un sketch sur la chanson Place des grands hommes de Bruel. On s'inquiète un peu - le sujet n'est pas une
première main- mais ça fonctionne. Les rires se succèdent de façon rapprochée. C'est drôle. On passe trois vitesses d'un coup. La dernière demi-heure garde le cap. Enfin, on rit ou sourit à un
rythme suffisamment soutenu.
Une demi-heure réussie sur un 1h10 de spectacle, ça ne fait pas beaucoup. C'est toutefois suffisant pour ne pas oser
condamner totalement ce spectacle.
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Dimanche 5 février 2012
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19:33
Catherine Hiegel met en scène François Morel dans Le bourgeois Gentilhomme de
Molière au théâtre de la Porte Saint-Martin.
Ce qui surprend d’abord c'est la simplicité des décors. La scène quasiment vide est délimitée par des toiles peintes
disposées en arc de cercle. On comprend très vite à la vue de la mise en scène virevoltante, au faste des costumes et au nombre imposant de
comédiens-musiciens-chanteurs-danseurs (21 au total), ce choix de la sobriété "décorative". L'orchestre de clavecin et de cordes joue la musique écrite par Lulli, tandis que Monsieur Jourdain se
laisse berner par tous avec la naïveté d'un imbécile heureux. François Morel, parfait en clown ahuri, prend le parti de camper un bourgeois gentilhomme plus enfantin que méchant. Il est
irrésistible de drôlerie et parfaitement entouré par Alain Pralon, en maître de philosophie, Marie-Armelle Deguy en
Madame Jourdain, Emmanuelle Noblet en Dorante et Héloise Wagner en "belle marquise vos beaux yeux me font mourir d'amour". Le reste de la troupe, sans atteindre une telle qualité de jeu, remplie
parfaite
ment son rôle. Ils nous offrent à voir, à entendre et à rire,
pendant 2h15, une histoire qui résonne encore aujourd'hui. Quant à la scène du sacre de grand Mamamouchi, elle offre une belle surprise et se termine en apothéose avec un Monsieur Jourdain en
lévitation.
Un classique mené tambour battant qui demeure intelligent, drôle et intemporel.
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Samedi 28 janvier 2012
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16:50
Le Pavillon Carré Baudouin
accueille l'oeuvre intégrale de Marcel Storr, une soixantaine de dessins réalisés entre 1930 et 1975 et précieusement conservés par Liliane et Bertrand Kempf.
Marcel Storr était cantonnier pour la ville de Paris
au Bois de Boulogne. Tout au long de son existence, qui avait débutée de façon la plus rude et qui semble n'avoir jamais était tendre avec lui, il s'est bâti un univers, une
autre dimension où les bâtiments sont immenses et où l'humain n'est que fourmi. Le tout dans des couleurs d'automne, orange, marron et rouge.
Tout d'abord des églises et cathédrales de plus en plus grandes et étranges qui étaient sans doute les bâtiments les plus imposants qu’il avait pu rencontrer dans
sa vie réelle. Puis, les tours de la Défense se mettent à pousser derrière les arbres du Bois de Boulogne.
Une nouvelle « race »
de bâtiments gigantes ques se présente à lui et ouvre son imaginaire. Marcel
Storr dessine alors d’inquiétantes mégapoles dans lesquelles la nature qu’il cotoit au quotidien prend de plus en plus de place. Ses dessins semblent une jungle de végetation et de batiments
pointant vers le ciel, où l’humain demeure minuscule.
Tous les dessins sont d'une grande précision, tant qu'on pourrait les observer pendant des heures pour y percevoir chaque aspect, chaque détail. Devant les
architectures étranges, on pense souvent à Gaudi et son incroyable Sagrada Familia.
Marcel Storr et son étrange univers se découvrent au Pavillon Carré Baudouin jusqu'au 31 mars 2012.
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Vendredi 27 janvier 2012
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23:16
J.Edgar reste un mystère : quel
en est le sujet et qu'à bien pu vouloir dire Eastwood ?
Il semblerait que ce soit le Hoover privé qui intéresse Eastwood. Problème : Hoover ne vivait que pour le FBI et le pouvoir qu'il en tirait. Sa vie privée frolait
le néant et son entourage "intime" se résumait à sa mère (castratrice apparement), sa secrétaire dévouée et son fidèle bras droit amoureux transit et platonique semble t-il. Car oui Hoover avait
des penchants homosexuels refoulés, tellement qu' Eatswood n'en dit pas grand chose tout en y accordant la plus grande part de son film... Du coup, il n'a
quasiment rien à raconter, de fait il ne se passe rien et on s'ennuie ferme. Cerise sur le gâteau, l'Histoire qu'a traversée et fait Hoover n'est qu'effleurée et perdue dans un aller-retour
incessant, et quasi sans repère historique, entre passé et présent. Le présent étant celui du grand âge pour Hoover incarné par un Di Caprio, il est vrai, plutôt bon sous son
maquillage.
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Vendredi 27 janvier 2012
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23:00
Métrobus, la régie publicitaire de la RATP
a collé et, dans la même foulée, arraché
les affiches du prochain spectacle
de Stéphane Guillon.
Ca m'inquiète.
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Dimanche 22 janvier 2012
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20:03
Le Café de la Gare met
en scène l'Ubu Roi de Jarry.
Ce théâtre connu pour son goût pour le décalage ne pouvait être meilleur écrin pour cette pièce loufoque.
La troupe excellente rend parfaitement honneur à la folie de Jarry et joue à fond la carte du burlesque et de l'outrance.
Délirant, désopilant et à l'occasion déstabilisant, cet Ubu Roi est à la hauteur de sa réputation.
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Dimanche 15 janvier 2012
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16:18
La Halle Saint-Pierre propose l'exposition "Hey ! Moderne Art et Pop Culture" en association avec le magazine du même nom.
En tout 65 artistes, venus du monde entier, exposent leurs oeuvres que l'on peut trouver plus proches du porn art ou horror' art que d'une ambiance pop.
La zenitude fréquente peu les oeuvres présentées dont dégueulent les violentes angoisses des artistes.
Les amoureux du beau ni trouveront pas toujours leur compte, ceux qui préfèrent le gore seront comblés.
Je retiens tout de même les oeuvres de la coréenne Yu Jinyoung, les foetus super héros de Alexandre Nicolas et les impressionnants portraits de Turf One.
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Jeudi 12 janvier 2012
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22:56
Le Cirque invisible est présenté, inventé et incarné par Jean-Baptiste Thiérrée et Victoria Chaplin. Un univers
fantasmagorique, à la fois burlesque, enchanteur et poétique.
Le couple s'est réparti les rôles de façon évidente. Jean-Baptiste, cheveux blancs ébouriffés et costumes peints, est le clown, chanteur et magicien volontairement maladroit et facétieux. Un être
lunaire qui sort de ses valises les objets du quotidien pour les détourner et en faire un jeu, un fou-rire.
Victoria incarne la grâce, le don de la transformation. Funambule, contorsionniste et reine du camouflage, cette jeune
femme, de 60 ans en paraissant 30, se métamorphose en animaux étranges et merveilleux. Un bout d'étoffe, un rocking-chair, une table et une théière lui suffisent. Et dans cet ensemble étrange,
tout semble facile et évident.
Le spectacle dure deux heures qui passent en un éclair. Il se compose d'une bonne
vingtaine de saynètes indépendantes et entrecoupées de noir. Chacune (ou presque) a son intérêt, par le rire qu'elle provoque, l'étonnement qu'elle
suscite, le voyage qu'elle propose. Jean-Baptiste et Victoria créent une sympathie immédiate. On les connaît à peine que déjà on les aime. Et pourtant, il manque une chose à leur cirque invisible
pour nous emporter totalement dans leur univers, pour que nous quittions totalement notre statut de spectateur. Ce petit quelque chose est un fil conducteur, une histoire qui supprimerait les
noirs et la frustration de voir le rêve s'arrêter, qui créerait un lien entre chaque saynète, pour que ces merveilleux moments de grâce ne soient pas une "simple" succession de numéros de cirque
mais un vrai, beau et long poème. Comme un spectacle de James Thiérrée par exemple, au hasard...
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Mardi 3 janvier 2012
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20:47
Roman Polanski adapte au cinéma la pièce de Yasmina Reza "Le Dieu du carnage" : un huis clos bien foutu mettant en scène deux couples venus "régler" les problèmes causés par
une bagarre entre leurs deux fils.
La réalisation, bien que sans effet de manche, est suffisament fluide pour que ce théatre passe facilement le cap du grand écran.
L'interprétation est excellente (Christopher Waltz, Kate Winslet et John C Reilly) même si on pourra reprocher à Jodie Foster un jeu un peu trop en force.
Surtout, le texte est percutant, rythmé et d'une belle efficacité.
Même si on ne retrouve pas ici la mise en scène virtuose de "Ghost writer", le plaisir, différent, est bien présent.
Les Polanski se suivent, ne se ressemblent pas mais offrent toujours bien des satisfactions.
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Vendredi 30 décembre 2011
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Le Centre Pompidou propose, depuis octobre et jusqu'au 9 janvier, une rétrospective du travail de Yayoi Kusama. Exceptionnelle occasion de découvrir le vaste
travail de l'artiste, l'exposition présente 150 oeuvres réalisées entre 1940 et 2010. L'artiste japonaise a réalisé des oeuvres suffisament variées pour que chacun y trouve au moins une série
intéressante. Même si on se surprend devant certaines installations à se demander si le nom de Yayoi Kusama n'est pas la seule justification de leur présence à Beaubourg, nombre d' oeuvres
séduisent. Leur caractère hypnotique est comme un petit goût de la folie de Yayoi Kusama pensionnaire d'un asile psychiatrique depuis 50 ans.
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